Notre blog

Sans presse locale, qui racontera encore nos territoires ?

Par Floriane Gouache, Directrice Conseil – Associée d’Ekno

Les annonces qui se succèdent ces derniers jours dans plusieurs rédactions régionales ne concernent pas uniquement le monde des médias. Elles nous obligent à nous poser une question plus fondamentale : que perd un territoire lorsque son information de proximité s’affaiblit ?

On évoque souvent la presse locale comme un pilier de la démocratie. C’est vrai. Mais on oublie trop souvent qu’elle est aussi un acteur du développement économique.

Chaque jour, des journalistes racontent les mutations de nos régions. Ils donnent à voir les innovations industrielles, les projets de recherche, les créations d’emplois, les investissements. Ils révèlent des entreprises qui inventent, entreprennent, recrutent. Ils rendent visibles celles et ceux qui font avancer un territoire.

Cette fonction est irremplaçable.

En tant qu’agence de communication corporate, nous travaillons quotidiennement avec les médias régionaux. Nous savons que leur rôle de questionner, vérifier, mettre en perspective les sujets que nous leurs proposons pour nos clients est précisément ce qui fonde la crédibilité de leurs articles et reportages. Et c’est cette crédibilité qui crée la confiance.

À l’heure où les réseaux sociaux accélèrent la circulation des opinions, où l’intelligence artificielle facilite la production de contenus et où le bruit informationnel peut se faire assourdissant, le travail journalistique incarne une compétence parfois sous valorisée : le discernement.

Affaiblir la presse locale, ce n’est donc pas seulement fragiliser un secteur économique. C’est priver les territoires d’un de leurs principaux espaces de débat et de reconnaissance.

Les entreprises ont besoin de rendre leurs projets visibles, pour les faire naître, financer et vivre au quotidien. Les citoyens ont besoin de s’informer sur les paysages économiques qui les entourent, et leurs transformations, pour mieux les comprendre.

La presse régionale n’est pas un coût à supporter. Elle est un investissement à soutenir collectivement. Un bien commun qui contribue autant à la vitalité démocratique qu’à l’attractivité économique de nos territoires.

Défendre la presse locale, aujourd’hui, ce n’est pas regarder vers le passé, mais s’engager pour l’avenir de nos territoires.